07/02/2009

Ce que gagne un politicien

Ce que Ingrid, Jean-Claude, Philippe, Jean-Jacques, Chastel et les autres reçoivent à la fin du mois.

A part ça! Vous, ça va????

-------------------------------------------------
Nos élus s’éclatent avec notre pognon

Les utilisations “curieuses” de cartes de crédit par notre Mémé Zinzin nationale font apparaître au grand jour des pratiques séculaires sur la perception particulièrement “étrange” qu’ont les mandataires politiques de leur fonction officielle de représentant du peuple : gagner un maximum de pognon et payer de sa poche un minimum de liards !


Avantages à gogo
Mais quels sont d’abord les avantages [en nature] liés à l’exercice d’un mandat politique ?
Le seul pauvre lampiste, en politique, qui ne gagne vraiment pas grand-chose, est le type qui se trouve au plus bas de l’échelle : conseiller communal ou conseiller de CPAS. Ici on parle de jetons de présence qui atteignent les 75 € nets par mois, avec comme seul bonus un abonnement gratuit aux transports en commun et du papier à en-tête de la commune pour rédiger ses interpellations.
Ceci ne vaut que pour le conseiller communal qui ne détient aucun autre mandat, car en général un conseiller de la majorité se voit gratifié d’une belle nomination dans l’une ou l’autre intercommunale, avec souvent à la clé un “return” net de 750 à 1.000 € par mois.
Le cas le plus célèbre étant celui de la compagnie bruxelloise des eaux, la CIBE, où les administrateurs représentant les plus grosses communes bruxelloises bénéficient d’une indemnité mensuelle digne d’un ministre, pour ne venir siéger qu’une fois par mois et signer une fois par semaine, avec mise à disposition d’une limousine et d’un yes-man à képi.

La rémunération d’un bourgmestre ou d’un échevin est calculée selon la population de la commune, et commence à plus ou moins 500 € nets par mois, mais grimpe vite vers les 3.000 et plus [jusqu'à 5000 € nets à Bruxelles-Ville, Charleroi ou Anvers].
Un parlementaire gagne 5.000 € nets par mois et un ministre avoisine les 10.000 € nets, tandis que nos commissaires européens s’approchent des 20.000 € nets.


Transparence Zéro
En général, un bourgmestre, échevin, député, sénateur ou ministre bénéficie de nombreux avantages liés à sa fonction : franchise postale, abonnements gratuits aux transports en commun y compris SNCB, frais et achats de GSM remboursés, Ordinateurs et installation informatique, remboursement des frais de déplacement ou mise à disposition d’une limousine avec chauffeur, assurance hospitalisation, remboursement des frais de représentation, remboursement des frais de déplacement et de séjour lors de missions officielles, intervention partielle dans le loyer de leur maison pour les ministres ainsi que dans les frais de nettoyage par prise en charge d’une femme de chambre.

NI VU, ni connu
Très important aussi : la presse. Un politique ne payera jamais un journal de sa vie, mais par contre il doit tous les avoir chaque jour, et si possible se promener avec une pile de journaux sous le bras, cela fait bien pour l’image de marque, l’érudition et la culture générale.
Et bien entendu, une kyrielle de collaborateurs ou secrétaires payés par les communes groupes, partis, assemblées ou les gouvernements. On l’a vu, les communes qui ne mettent ni limousine ni chauffeur à la disposition des membres du Collège attribuent des “quotas” d’essence à la pompe communale. Facile puisque c’est le Collège lui-même qui décide de ses propres avantages en nature…


Une méthode bien huilée
Mais comme le fonctionnaire communal chargé de procéder aux payements et aux factures est souvent un “chieur né”, on évite toute une série de frais à charge de la commune puisque le receveur communal est un imbuvable.
Car le principe du budget communal est qu’aucune dépense qui ne fasse l’objet d’une allocation budgétaire ne peut être payée, et que toute dépense doit être justifiée en Collège par une facture, et que le receveur peut refuser à tout moment une facture qui lui semble incomplète ou non conforme. Nous attribuerons une mention tout particulière aux députés provinciaux et aux gouverneurs de province, qui peinards à l’ombre, sans tambours ni trompettes, se sont construits un petit nid douillet et tranquille, bien discrètement mais aux avantages en nature colossaux. La députation provinciale ce sont des petits ministres plénipotentiaires chacun dans leur province qui n’est pas loin d’être un ersatz de Club Med.


Des avantages… à la carte

Comme si tout cela ne suffisait pas déjà, les politiques se sont mis à chercher d’autres moyens de “financement”, pour ne pas entamer leur allocation de parlementaire ou de mandataire, des autres frais liés à l’exercice de leur devoir électoral.


Première astuce :
On exerce un mandat à titre “gratuit” dans l’une ou l’autre intercommunale [en fait, comme le politique est un joyeux cumulard, une Loi lui interdit de cumuler plusieurs mandats rémunérés, et la somme de tous ses mandats rémunérés ne peut excéder 1,5 fois le montant de l'indemnité d'un parlementaire. Curieusement, ni les ministres ni le commissaire européen ne sont affectés par cette mesure]. Et comme le mandat est presté gratuitement, on se rattrape en faisant payer par cette intercommunale ou ASBL toute une série de petits frais annexes : cadeaux d’affaires, voyages à finalité débile, petits restos ou sauteries vespérales, missions lointaines, vacances privées, boissons et achats de champagne pour de prétendues réceptions et même de l’habillement.


Deuxième astuce :

On se récupère via l’un ou l’autre mandat exercé au sein de son parti politique, dans un centre d’étude du parti ou au sein des assemblées. On est vice-président du Parlement, chef de groupe, président de commission, rapporteur de l’un ou l’autre brol ou surtout questeur d’un parlement [superbe job, on y contrôle à la romaine les dépenses de tout le Parlement, alors d'autant facile de se commander en douce des palettes de champagne millésimé]. Ici le groupe ou le parti met à disposition : voiture, chauffeur, secrétaires, collaborateurs et photocopieuse à volonté ; et rembourse illico tous les frais de bouche, de séjour, de mission et de déplacement. Par ici la bonne sou-soupe. Attention, pour une raison qui nous échappe totalement, une Loi du monde politique veut que toutes les réunions de travail se fassent toujours à midi ou en soirée, et que par manque de place ou de salles, ces réunions doivent malheureusement toujours se tenir dans un restaurant étoilé, le tout accompagné d’une bonne bouteille pour aider à faciliter l’élocution ou la production intellectuelle du mandataire et de son équipe de travail.


Troisième astuce :
On fait payer certaines prestations par des sociétés “amies” ou par des sponsors qui vous témoignent, par ce geste, un remerciement généreux pour les services rendus. Cela peut aller de la prise en charge de certaines factures [surtout d'affiches, d'imprimés et de tracts électoraux] à divers frais [mise à disposition d'une voiture], et le plus imparable de tous : la mise à disposition d’une carte de crédit en faveur du politique, carte au nom de la société. Tous les frais atterrissent directement, et incognito, dans la comptabilité de la société “amie”, sans aucune trace d’utilisation par un politique. C’est “bingo assuré”, en toute discrétion. Nous ne parlerons pas des célèbres enveloppes, ni des pourcentages automatiques pour l’un ou l’autre permis de construire, des pratiques dignes de la loi du sol et du talion, qui feront toujours la légende de l’un ou l’autre, mais dont la confidentialité bien gardée ne permet aucune estimation [sauf pour Hermanus qui était allé en prendre livraison au bar de l'Hôtel Royal à Luxembourg].

Le manque de crédit des politiques
Mais finalement, que paye réellement un mandataire politique comme frais ?
En gros, le politicien paye de sa poche ses pensions alimentaires et l’entretien de ses maîtresses [budget conséquent], le revenu cadastral de ses propriétés et quelques assurances personnelles [épargne-pension, branche 23, actions Fortis de bon père de famille, habitation, RC familiale] ainsi que les frais scolaires de sa progéniture. Ce sont souvent les seules choses qu’il ne parvient pas [ou ne veut pas pour des raisons de discrétion] faire supporter par la commune, le parti, le groupe ou le parlement.

Quand vous cumulez la somme conséquente de ce qu’un politique gagne par mois, et celle des frais qu’il ne paye pas par mois, vous vous rendez compte de l’intérêt de faire une longue et fructueuse carrière en politique, qui vous permet de mettre de côté des montants considérables [bonjour Gros Louis].

Et comme si cela ne suffisait pas, le politique a lui-même mis en place un juteux système destiné à assurer ses vieux jours : pension royale payée par la commune, le Parlement ou le Gouvernement à partir d’une certaine ancienneté, indemnité de départ en cas de non ré-élection pour les parlementaires, et mise à disposition de collaborateurs pendant 2 à 5 ans pour les ministres sortants de charge. La rente assurée, car avec 20 ans de mandat, vous avez droit à une pension complète. Alors que vous, pauvres crétins, il vous faudra 40 ans de carrière pour toucher une pension minable.

Historiquement, ce sont les socialistes qui ont voulu que les mandats politiques soient rémunérés, afin que les représentants du peuple puissent faire de la politique sans perte de salaire. Car souvent c’était le notaire ou le médecin du village qui était “dans” la politique, et la gratuité des mandats ne leur posait pas de souci financier. On devait assurer au peuple de pouvoir faire de la politique, mais sans mettre les camarades dans la misère. On a vu ce que cela a donné, avec des politiciens qui se permettent le luxe de faire brûler des millions [du temps de Frank Vandenbroucke au SP]. Résultat : il est toujours ministre…

La politique ? C’est un “win for life” permanent, c’est bingo tous les jours !

Winston UBU

Vu et lu dans PAN à cette adresse

Ne les mettons pas tous dans le même sachet. J'en connais un qui ne mange pas de ce pain-là.

Les commentaires sont fermés.